lundi 19 décembre 2011

Educ’Hacktion : des Nouveaux Profs avec les Nouveaux Etudiants (ou l’inverse)

J’ai hacké l’éducation.
OK c’est pas la première fois que je pirate le système : quand je prépare une mise en situation, une énigme ou un jeu pour faire mon cours sur le développement durable ou sur l’histoire médiévale, c’est un peu du piratage : bien sûr la salle de classe est mon bateau, mais je prends le droit (au nom de ma liberté pédagogique, bénie soit-elle) de prendre d’assaut la situation d’apprentissage et de transformer mes élèves en acteurs, en chercheurs, en experts pour réaliser une tâche que j’ai imaginée capable de les mener vers les notions du programme (non non je ne l’oublie pas celui-là : je suis fonctionnaire, j’obéis, dans la limite de mon devoir de désobéissance qui me ferait refuser de chanter "Maréchal" en début de cours, ou équivalent). Je suis déjà une pirate, donc. Mais une pirate un peu ridée. Et là, je me suis fait aider par des JEUNES.


La suite de l'article

vendredi 11 novembre 2011

Le numérique et l'orthographe (petite histoire familiale)

Etam, collection mère-fille
Dans la famille, on a des tas d'outils numérique : des ordis sous windows, mac et Linux, un Ipad, un Iphone et quelques autres bidules. Du coup, nos enfants, petits homo numericus (j'accorde pas, ça me fatigue) des  écrivent des courriels à leurs grands parents, tiennent leur blogue et même, tweettent un peu. Même moi je trouve ça ridicule quand je n'y pense pas : un garçon de 11 ans qui blogue, une fille de 9 ans qui tweete, c'est comme quand la mère et la fille s'habillent tout pareil, comme quand un papa fait concourir son garçon en motocross (OK là c'est du BMX), c'est juste une façon soit de faire semblant qu'on est pareils, soit pour continuer à croire qu'on reste super jeunes, soit les deux. 

http://chilkootcruisersx.blogspot.com/l

Mais là tout de suite, pendant que je relis des articles pour ce scorgneugneu de dossier des Cahiers Pédagogiques sur "Apprendre avec le numérique", ma fille tweete et ça donne ça : "J'ai adoré....é ou ée ? Ah oui : j'ai pris, c'est pas j'ai prise, alors c'est é. Maaaaaaaiiiiis ! pourquoi il me met "éssayé" en rouge ??? Ah oui que je suis bête. Essayé. ou Essayer ? on peut dire prendre, c'est l'infinitif. Et papa c'est souligné aussi. papa, p-a-p-a, j'ai bon ! Ah, la majuscule."


Un tweet, c'est 140 caractères. Et ma fille énonce à haute voix au moins 10 règles de grammaire par tweet. Vous comptez ? 



mardi 4 octobre 2011

De l'équipement numérique des lycées

J'enseigne désormais au lycée. Un super beau lycée, tout neuf (il fait sa 4ème rentrée cette année), avec de chouettes élèves (presque tous, faut quand même pas rêver), de chouettes profs (pareil que précédemment), et une équipe de direction toute neuve.

En arrivant l'an dernier, je n'avais donc aucun doute : j'allais pouvoir poursuivre mes pratiques numériques en classe, hors la classe, grâce à un équipement numérique tout neuf.
Ben oui : lycée tout neuf = lycée à la pointe de la modernité, adapté au monde dans lequel il s'est construit.

Ben non.

L'an dernier, murs nus en béton, 2 vidéo projecteurs par étage, une salle info de 15 postes pas tous opérationnels pour l'enseignement général, un collègue qui a deux heures par semaine pour gérer le réseau. Pas d'ENT, pas de cahier de texte électronique, pas de site internet.
J'ai râlé un peu sur ce blog (ne cherchez pas, j'ai supprimé ce billet dans un mouvement d'autocensure qui m'a permis de dormir la nuit) et (c'est pas forcément lié) hop ! une nouvelle salle info est apparue, et des vidéo projecteurs ont poussé au plafond de presque toutes les salles. On a un beau site internet dont je m'occupe un peu.

Alors ??? Heureuse la Caroline ?

Hum.... Comment dire ? La nouvelle salle info double en effet l'offre d'ordinateurs pour les matières générales. De 15 on est passés à 30. Youpi ! Qui ne fonctionnent pas tous non plus, et le collègue n'a toujours que ses deux heures pour s'en occuper. Ni la formation ad hoc. Mais pas d'inquiétude : mes 36 élèves n'ont pas tous envie de travailler en même temps de toutes façons. Ceci dit, pour jouer au super serious game financé et promu par la même région, ça va pas être facile...

Par ailleurs, nous avons été généreusement dotés de magnifiques vidéo projecteurs interactifs qui remplacent donc le TBI. Mais on attend toujours la formation qui va avec (sauf moi, merci Sebastien !). Mais pas dans toutes les salles, et ça donne donc, une heure par semaine :
(Du coup, Christophe, je ne vais pas te rendre tout de suite ton matos sauf si tu me le demandes. Mais du coup ton capital reconnaissance éternelle augmente)

Alors je m'interroge : messieurs et mesdames de la région qui m'accueille et que j'adore, vous êtes vous demandés, avant de dépenser des sous dans cet équipement informatique, avant même d'avoir dessiné les plans de ce super lycée tout neuf, HQE, modèle, vous êtes-vous demandé quels étaient les besoins des enseignants et de leurs élèves, à quoi et à qui allaient servir ces technologies ?
Parce que là je peux vous dire ce que ça donne :
- les salles informatiques sont utilisées pour les demi-groupes. C'est-à-dire, pas souvent par élève.
- les vidéo projecteurs renforcent le côté magistral des cours, autrement dit un modèle pédagogique parfois utile, mais qui n'est sûrement pas le modèle dominant de demain (OK il devrait pas non plus être le modèle dominant aujourd'hui mais bon...)
- le côté interactif des vidéoprojecteurs vous a sûrement coûté cher et il me plaît beaucoup :
mais sans formation, et avec des stylos qui restent dans le bureau de l'intendante / dans les casiers / dans les trousses de quelques aventuriers du numérique parce qu'ils coûtent cher et ne peuvent rester dans les salles, ça risque pas d'être utilisé tous les jours... Et puis : on branche nos ordis perso alors il faut recalibrer le vidéoproj interactif à chaque fois : 4 à 5 points par ligne, 4 à 5 ligne par écran, à chaque changement de salle. A moins d'envoyer Kevin paramétrer le tableau en début de cours, y'a de quoi se prendre son lot de boulettes pour commencer...

Bon, je vais pas me plaindre. On peut quand même bricoler des trucs avec un vidéo proj, mon ordi perso, une connexion filaire dans chaque salle et les téléphones des élèves qui ont l'abonnement adéquat.

Photos de classe
Mais quand même un peu : c'est mon argent public qui sert à financer ces outils qui ne servent pas mes démarches pédagogiques. Ne pourrait-on, avant de dépenser des sous qui se font de plus en plus rares, demander leur avis aux gens qui vont s'en servir ?
Merci d'avance.

lundi 3 octobre 2011

Ma fille, Twitter et moi (éducation maison aux réseaux sociaux)

"Mamaaaaan ! Je peux écrire un message sur Twitter ?"
Cette phrase, en général hurlée depuis un endroit où je ne suis pas, a remplacé le sempiternel "Mamaaaaaan ! Je peux jouer à la Wii ?" de ma fille chérie, bientôt 9 ans.
Ca a commencé à l'anniversaire de son frère pour lequel j'avais organisé une chasse au trésor de compétition (ou plutôt de collaboration) inspirée de celle de ce super papa que je ne connais pas mais que je remercie. Parmi les quelques éléments modifiés, j'ai notamment remplacé les tickets d'aide par la phrase suivante, dans la consigne :
"Si vous avez besoin d'aide, vous pouvez solliciter votre réseau d'espions amis. Pour cela, il vous suffit d'écrire un message sur Twitter avec votre question suivie du mot clef #pixel" (en hommage au chat de @milasaintanne qui me manque tellement que ça commence à se voir). 
Au début, pas vraiment besoin d'aide extérieure mais quand il a s'agit de traduire une phrase en anglais...
ou en hiéroglyphes (les copains égyptologues, ne m'étranglez pas siouplé)




merci à @gduboz, @ymarvin27 et quelques autres qui ont réagi au quart de tour (un peu avertis avant quand même).
Et zou, ma fille chérie (oui, les garçons sont partis jouer au rugby dès la troisième étape, laissant aux filles le soin de trouver le trésor) découvrait que Twitter, c'est pas seulement un truc ou maman discute avec ses copains de trucs trop marrants qui la font pouffer, c'est aussi un outil qui permet de trouver de l'aide auprès de vrais gens.
Deux jours après : "Mamaaaaan, je pourrais moi aussi avoir un compte Twitter ?"
L'occasion de réfléchir : je mets mon vrai nom, pas mon vrai nom, pourquoi, quel pseudo que je pourrai encore assumer dans 8 ou 10 ans ?
A qui je m'abonne ?
Mon avatar doit-il me ressembler ? 
Est-ce que je peux envoyer des photos ?
Allez je me mets en privé, pour pouvoir envoyer des photos aux gens que je connais sur Twitter.
Et qu'est-ce que je peux écrire sur Twitter aujourd'hui ?

Bref, des questions qu'elle se posera j'espère quand elle se créera un compte Facebook (sans moi ? Nan c'est interdit de se créer un compte sans l'accord de Papa ou de Maman), et puis un compte chais pas quoi vu que ça existera pas encore et sans me prévenir vu qu'elle aura 15 ans et qu'on se chamaillera comme chien et chat fille de 15 ans et sa mère.
Un peu comme elle a fait quand elle s'est créé (sans me le dire, à 8 ans) un compte sur un jeu massivement multijoueur avec clavardage et tout et tout.
Argh.




jeudi 22 septembre 2011

Les technologies sont-elles l'opium de l'éducation ?

Source : http://www.cracked.com/article/120_the-5-most-ridiculously-awful-computers-ever-made/

Vous croyez en dieu ? Moi non. Même pas au dieu des technologies. Du coup, cette enquête mentionnée par le New York Times ne m'étonne pas vraiment. COMMENT ??? Il ne suffit pas de mettre des technologies dans une classe pour améliorer les résultats ??? Ben ça sert à quoi d'y mettre de l'argent alors !?
L'article du NY Times nous décrit la classe du 21ème siècle : des ordis partout, un Tableau Numérique Interactif et des logiciels divers. Là je me rappelle mes premiers cours en salle info, avant d'avoir la formation qui devrait aller avec*. De superbe diaporamas sur-animés pour des activités qui ont permis à mes élèves de maîtriser à fond la touche "flèche gauche". J'ai honte.

Pourtant l'article décrit aussi une pédagogie très... contemporaine habillée de Facebook et de chansons, avec une enseignante décrite comme un "guide". Une approche que j'aurais primée au Forum des Enseignants Innovants (voui j'ai été jury une fois), qui aurait été primée aux e-learning awards, et peut-être bien que je suis même jalouse de pas l'avoir mise en place moi-même dans mes classes.

Ben alors quoi ??? Pourquoi les tests montrent-ils que les "scores in readings and maths" (petit entraînement à l'anglais level 1) ont stagné ?**
  • Ben alors il y a 31 élèves dans la classe de primaire, ils ont moins de cours de sport et de musique, je ne vous parle pas des arts plastiques. Plus de sous dans le matériel informatique et moins ailleurs. On peut se demander à qui profite le crime le choix budgétaire (me suis toujours demandé pourquoi, en France, cette frénésie de TBI ?). Hubert Guillaud, dans un article relatant l'enquête,  pose la question et suggère des bénéficiaires, voire des coupables. Je vous laisse lire, de toute façon vous connaissez déjà la réponse. Les vendeurs et vendeuses de TBI savent impressionner les décideurs.
  • Ben alors je ne suis pas sûre que les tests pratiqués prennent en compte la capacité à être autonome, à travailler ensemble, à utiliser les outils et ressources numériques et autres compétences certainement développées par les méthodes pédagogiques décrites. C'est un peu comme si on jugeait la capacité d'un traitement de texte à apprendre à écrire en mesurant la taille des pleins et des déliés. Si vous voulez un peu d'arguments sérieux et scientifiques, allez directement au paragraphe 'les métriques en question" de l'article de Hubert Guillaud. Merci Hubert.
  • J'ajouterai comme 3ème "Ben alors" que les technologies sont des outils qui permettent de faire des choses formidables, mais pas tout, et pas tout mieux qu'un papier et un crayon. Il nous manque juste un peu le recul pour nous permettre, nous enseignants, de voir où on va et ce qu'on fait en classe avec les technologies. Des outils pour nous permettre d'analyser nos pratiques, de voir si ce que nous créons comme séquences pédagogiques intégrant les technologies permet aux élèves de mieux apprendre l'histoire, la géo, les maths, l'EPS, le français (parlons un peu de didactique, c'est pas un gros mot, et y'a des didacticiens qui parlent français, si si, j'en connais). Mais pas en testant les connaissances, plutôt en analysant un peu finement la capacité à utiliser ces connaissances. Ah oui c'est vrai c'est un peu plus compliqué. C'est pour ça qu'on a créé e.l@b avec les copains, aussi, et c'est pour ça que j'ai postulé pour un travail à EducTice, mon équipe de recherche préférée de l'Institut Français de l'Education.
Où ça nous mène de raconter le même truc que Hubert mais moins bien que Hubert  ?
Ca nous mène à une discussion qu'on voudrait entamer à e.l@b : c'est quoi l'établissement du 21ème siècle ? On y ferait quoi ? Comment ? Dans quelles conditions matérielles ? En bref, comment ne pas se laisser simplement aveugler par le potentiel des technologies ? Quelle méthodologie adopter pour qu'il ne s'agisse pas seulement d'un établissement bien équipé, mais d'un lieu d'éducation qui forme les citoyens du 21ème siècle, puis ceux du XXIIème siècle et leurs petits-enfants ? 

Promis, dès que la discussion s'ouvre, je le claironne.
Et dès qu'on a trouvé, on le fait. 

* et surtout les échanges avec les copains de la liste H-francais, sur laquelle il était encore possible de parler pédagogie sans se faire traiter de pédagolâtre.
** je peux vous dire que MES capacités à lire l'anglais progressent vachement avec les technologies. Outre que jamais je ne serais allée à la bibliothèque emprunter le NY Times pour le lire en anglais, j'ai compris le mot "pace" grâce à mon appli Runkeeper - peut-on faire plus techno - qui me le répète toutes les 5 minutes quand je cours : "Average Pace : 6'30 second per kilometer" (je sais, c'est pas terrible).

mercredi 7 septembre 2011

Souvenirs du Kenya et d'IIGWE : Web2.0 is challenging school

Voici l'article présenté à Mombasa (in english in the text) et mis en ligne sur HAL.

Un extrait pour vous donner envie (ou pas) :

Jouneau-Sion, C. & Sanchez, E. (2011). Web 2.0 is challenging school. IIGWE,  2011, Mombasa, Kenya.

With laptops, mobile phones, tablets and broadband wireless access becoming more widely available, Web 2.0 is now entering schools. This changes the way students work and communicate, altering their relationship with knowledge, and generating new objectives for media literacy in the digital society. Thus, schools face new challenges and this paper aims at highlighting four of them. A first challenge relates to trust. Web 2.0 opens the classroom to the world and educators have to face new dangers and irrelevant uses, while bringing their students to gain better access to information and culture. The second challenge relates to teachers' professional identities. The role of teachers is changing as Web 2.0 tools are begin used by students and policymakers should take this into account. A third challenge relates to a growing need to control working time, timetable organisation and rhythm in schools. The fourth challenge that we underline is the need for common rules that allow the students to benefit from the opportunities offered by Web 2.0 to develop their autonomy and to foster ethical practices.

(voir la version complète)
Voir la version publiée

Et la présentation  (pour mémoire)



dimanche 4 septembre 2011

Je prépare ma rentrée

Moi aussi je prépare ma rentrée ! C'est pas parce que je n'écris pas de conseils de rentrée que je ne suis pas concentrée, en professionnelle aguerrie que je suis, sur le prochain lundi...
Pas de conseils, donc, parce que je suis plutôt encline à en prendre qu'à en donner. Du coup je suis ravie de compter parmi mes lectures du week-end les conseils billets de Ticeman et la description tout en finesse du "bon prof" de Philippe Watrelot. Des tweets de @milasaintanne, je sais aussi qu'il vaut mieux éviter les tongues. Mais je le savais déjà.

En fait je vous l'avoue, je stresse un peu : vais-je enfin réussir à amener sur la voie pédagogique que j'ai choisie non pas une (ah, Clara...), non pas deux (oui, toi, Guillaume) ni même trois élèves mais toute la classe, ou presque (allez je me laisse 10% d'échec, sur 35 élèves de seconde + 30 élèves de Terminales, ça fait 6 élèves qui peuvent rester réfractaires et un qui peut rester sur ses gardes).
Afin de ne pas les prendre en traître, mes chers élèves de cette année, je leur ai préparé une petite présentation de ma vision de l'enseignement.
J'essaie aussi de construire une progression dans la mise en activité qui les fasse entrer progressivement dans l'autonomie genre "petit à petit, l'oiseau fait son nid" mais ça, c'est encore trop brouillon pour être publié dans un billet de blogue.
Bon, j'ai un petit répit : lundi en fait je serai au colloque ESERA pour présenter (in english in the text) le mode de travail (collaboratif) de notre groupe de recherche de l'IFÉ. Je stresserai aussi, remarquez, c'est un peu idiot du coup...
Donc si vous voulez m'aider, pensez à moi mercredi. Soit ma présentation leur plaît et les 35 + 30 jeunes apprenants s'engagent avec un enthousiasme délirant et pourtant contrôlé (sinon ça va être le bordel) dans la grande aventure du cours d'histoire - géo, soit ma présentation les emm...quiquine et ils s'affalent en soufflant sur leur table, et je sors, défaite, épuisée, rampante, perdue à jamais pour la profession. Je n'envisage pas l'entre deux parce que les billets de blogues n'aiment pas le mou, l'intermédiaire et que c'est trop long, que je dois aller me coucher pour être en forme comme le suggère le super conseiller des profs dont j'ai oublié le nom mais qui fait du yoga tous les matins à 5 heures.
Il finit n'importe comment ce billet.
Merci à Véro, Antoine et Laurent de m'avoir aidée à améliorer le Prezi.

jeudi 1 septembre 2011

Ludovia Jour 4 : Jour de l'université

Encore un footing ce matin pour se mettre en forme, le long de l'Oriège. Un lieu magnifique à découvrir, à pied, à cheval ou en VTT, grâce à cette carte peut-être. On y a rencontré Jojo le pêcheur, très patient avec les coureurs fous que nous étions. Au cartable de rentrée conseillé par @drmlj
J'ajoute ceci :

Ce matin, table-ronde fort intéressante sur l'université numérique. Une table vraiment ronde cette fois : les provocations d'Eric Delcroix (pas toujours de bonne foi mais il fallait faire quelque chose) ont réussi à lancer le débat sur la scène et avec le public. Ce qui ressort de la discussion c'est un intérêt certain pour le numérique à l'université, mais une grande diversité dans les équipements (wifi, mobilier pour accueillir, brancher et connecter les ordis etc...) et dans les usages. Face à Rémy Jouston qui exprime les angoisses des enseignants de se voir "piquer" leurs cours, ou de voir les amphis désertés par des étudiants, Albert Claude Benhamou présente une université de médecine (Grenoble / Lyon) sans cours magistraux qui permet une individualisation des enseignements.

Suit une table-ronde sur la formation continue que Michèle Drechsler illumine de sa formidable énergie. Elle présente un modèle de formation des enseignants de l'inspection académique de l'Indre qui se fait en "blended learning" c'est-à-dire en mêlant le présentiel et la formation à distance. Ces formations sont basées sur les besoins des enseignants et s'appuient sur une pédagogie de projet, intègre des pratiques coopératives et collaboratives grâce à une plateforme Moodle, et intègre les mondes virtuels pour une partie. J'aimerais être instit dans l'Indre, moi... Dans la salle, quelques Twitter n'aiment pas bien Moodle visiblement, je n'ai pas aimé non plus l'utiliser mais si ça fonctionne dans l'Indre, super non ? Michèle Drechsler s'exprime ensuite sur la place de la formation informelle notamment à partir d'une étude du social bookmarking chez les enseignants (Diigo). Le bookmarking permet bien sûr de filtrer la ressource mais il ne suffit pas : il faut aussi discuter de la ressource indexée. Mais quelle est la place de l'institution dans ces dispositifs ?
J'ai un peu loupé quelques interventions pour aller saluer Manu Gugu, Stéphanie, Jean-Marie et quelques autres en partance pour Toulouse, mais je suis sûre que vous trouverez le compte-rendu sur le site de Ludovia.
Je repars gonflée à bloc par les conversations des colloqueurs de tous horizons, un peu inquiète de ce que j'ai entendu sur les processus de décision, les désaccords persistants entre collectivités territoriales et ministère et les valeurs qui sous-tendent les programmes de développement des technos. Ça tombe bien demain j'ai pré-rentrée, j'y penserai plus !

mercredi 31 août 2011

Ludovia Jour 3


Dur réveil ce matin après la fin de journée d'hier... 
Ok c'est de ma faute : chargée d'animer un des barcamp du soir sur la mobilité, j'étais aussi inscrite à l'activité (facultative) "initiation au trail", vous savez : courir comme un dératé sur les chemins de randonnée (oui je sais la photo c'est de la route mais Sébastien le photographe n'avait pas pris ses basket). (photo Ludovia)
Je rappelle que Ludovia, c'est à Ax-les-thermes, en Ariège, dans les PYRÉNÉES, une chaîne de MONTAGNES avec de gros DÉNIVELÉS. Et animer un barcamp juste à côté du brillantissime animateur Mario Asselin, avec des gens (pourtant adultes, parfois même enseignants ou membres des institutions liées à l'éducation) venus boire des bières et bouder bruyamment le travail en cours... Pas fastoche. Il faut dire que François Cadeau, Anne Aurélie Le Mat (tous deux de la société Logosapience) et moi-même avions placé la barre d'entrée un peu haut : "Dessinez l'application mobile de vos rêves". Certains ont relevé le défi avec brio, évoquant les possibilités de surmonter les obstacles à la mobilité : ils rêvent d'un support dont la batterie ne serait jamais déchargée, qui serait connecté tout le temps. Quant à l'application, son format serait universel et multiplateforme, ergonomique, avec des fonctionnalités de géolocalisation, de prise de photo, vidéo, son, texte (faire entrer le monde dans son smartphone - ou sa tablette), bref, un outil universel.
Photo @2vanssay (y'en a une encore mieux de @batier mais il ne l'a pas publiée)
Plus précis, le deuxième groupe a proposé une application qui va plaire à Laurence Juin : elle permettrait aux élèves en stage de préparer leur rapport de stage en prélevant sur site des photos, des vidéos, des sons géolocalisés, d'écrire depuis leur téléphone leur rapport de stage, et enfin de publier ce rapport sous forme de site web à partager avec les camarades de la classe. 
L'équipe de Logosapience a ensuite partagé avec nous les difficultés à surmonter pour passer d'une application de laboratoire de langue à une application mobile : comment permettre aux élèves d'accéder au matériel multimedia fourni par l'enseignant, comment stocker et permettre l'échange du matériel multimédia produit par l'élève en dehors de la classe ? Résultat de leurs efforts : leur logiciel Wizzbe. Je dois féliciter François et Anne Aurélie qui ont su respecter les règles du barcamp et s'intégrer dans les problématiques annoncées, exercice difficile s'il en est. 
Quelques questions sont apparues de ces témoignages : Comment favoriser la mobilité des apprentissages ? Quels outils détourner pour enseigner hors la classe lorsque les outils manquent ? Quels matériels sont le mieux adaptés à la mobilité : tablettes, téléphones, petits ordinateurs ?
Questions restées sans réponse faute de pouvoir s'entendre dans le brouhaha du chapiteau.
Ce matin donc en meilleure forme, j'ai répondu aux drôles de questions de Thierry Foulques sur les réseaux sociaux. Et depuis j'écoute le colloque scientifique : Une présentation de Michelle Pieri qui constate qu'en Italie, on parle beaucoup de Mobile Learning sans pour autant le pratiquer. Elle a donc développé une activité de Mobile learning intitulé MoUle : Mobile and ubiquitous Learning pour un groupe d'étudiants de l'université de Palerme. Basé sur les Smartphone et appareils mobiles, elle consiste en une série d'activités basées sur l’exploration d’un lieu. Il s'agissait de créer, par groupe, un hypermédia pour chaque sujet spécifique lié à un lieu. Elle dégage de l'expérience quelques obstacles que le barcamp d'hier avait déjà relevés : lenteur d’accès aux infos et de téléchargement, problèmes d’ergonomie, de synchronisation... Mais un soutien de la part des étudiants qui ont malgré tout apprécié l'expérience. 
Eric Sanchez a ensuite brillamment présenté Clim@ction : des références solides, un bel esprit d'analyse, je ne travaille pas avec n'importe qui moi !  je me sers des tweets de Stéphanie De Vanssay (@2vanssay) pour résumer : 


Le jeu permet d'exercer sa créativité, d'assimiler la réalité dans sa complexité, mais sans risque (Piaget), et ce depuis longtemps puisque Labruyère parlait déjà de "jeu sérieux". L'apprentissage ludique est un processus adaptatif, les apprentissages naissent des interactions. Seulement les apprentissages réalisés lors du jeu sont de type procédural, et il est nécessaire de prévoir une étape de debriefing pour fixer les apprentissages, institutionnaliser les connaissances et passer aux compétences. Le jeu Clim@ction est présenté sur le site de l'IFÉ. Il s'agit d'un jeu de rôle, qui n'amène pas une solution simple mais une multiplicité de solutions possibles, élaborées grâce à la collaboration entre élèves, avec l'aide d'experts, qui ont accepté de rentrer dans le jeu, et des enseignants à la demande. Les élèves ont apprécié le côté immersif du jeu mais il les a aussi un peu stressés : l'enjeu est devenu très concret et réel, la frontière entre le jeu et la réalité s'est faite plus floue. Les élèves ont modifié les règles du jeu : ils ont décidé de sortir de la compétition et de présenter un projet global, plus adapté à la problématique. Pour les enseignants, ça n'est pas beaucoup plus facile (j'en sais quelque chose) : véritables ingénieurs pédagogiques, ils doivent être capables de réagir à des situations inattendues.

Bon, ces compte-rendus sont incomplets mais il faut que je file voir Pascal Nodenot. Trop de gens chouette ici on n'a le temps de rien.

Ludovia, jour 1 et 2

A Ludovia, je suis là pour bloguer mais ... j'ai pas le temps. Trop de trucs intéressants à écouter, trop de gens avec lesquels discuter et débattre, et 24 heures seulement dans la journée. Tout de même, un petit billet de blogue pour vous raconter.
Jour 1 : Retrouvailles
Arrivée dans un train de "Ludioviens" avec entre autres les blogueurs Mario Asselin, Laurence Juin, le chercheur de l'IFE Eric Sanchez et Guy Menant du REPTA. Beaucoup de têtes connues, comme une famille un peu hétéroclite tout de même, qui a envie de se retrouver pour bavarder éducation et technologies.


Jour 2 : les choses sérieuses ont commencé

Une première table-ronde nous remet dans le bain et ça y est, je me souviens du seul défaut de Ludovia : tout le monde veut y être et se faire entendre et du coup, il y a trop de monde dans les tables-rondes qui deviennent, sauf habileté et impertinence particulières de l'animateur, une succession de présentations consensuelles et peu discutées. Tout de même, je lève mon chapeau à Mme Luciani-Boyer qui a su oublier la gueule de bois à propos des ENT dans le primaire, en appelant à un Espace numérique d'échange ouvert sur les parents et sur le territoire. Un espace numérique de plaisir d'apprendre et d'échanger me conviendrait mieux à moi aussi ! Mon compte-rendu est sur le site de Ludovia, avec une superbe vidéo de plage.

J'ai ensuite exploré les Explorcamp. En l'absence de rotation organisée, un peu difficile de s'asseoir à une table pour écouter les présentations. J'ai pu néanmoins visiter deux tables :



Monuments 2 Mémoire 
Deux sympathiques enseignants nous présentent leur projet Monuments 2 mémoire, un wiki à disposition de la communauté éducative à propos des lieux de mémoire (en cours de finalisation).

Sur ce wiki, les enseignants pourront inscrire leur classe et faire rédiger aux élèves des des fiches sur le monument aux morts de leur village ou, pourquoi par tout autre lieu ou objet de mémoire (localisé).
Depuis la page d'accueil, l'entrée se fait par une carte dynamique qui donne accès aux fiches de chaque lieu. Les concepteurs ont mis en ligne des fiches type pour aider les élèves à remplir les champs, à géolocaliser, à mettre en ligne sur ce wiki de chez Wikimedia. Il faut en effet s'accomoder d'un éditeur de texte qui n'est pas Wysiwyg et  insérer dans l'article les balises de mise en forme. Ce qui semble être un obstacle permet pourtant de travailler l'item C.2.4 du B2i collège : Je m'interroge sur les résultats des traitements informatiques (calcul, représentation graphique, correcteur...).
Ce projet est soutenu par le CDDP Aveyron et Tarn, et par le CRDP midi Pyrénées



Jeux "sérieux" ou jeux pour apprendre


J'ai ensuite écouté Julien Llanas nous parler du programme éducation au jeu vidéo de l'académie de Créteil


Trois axes : "bonnes pratiques" (edugame initiatives"), recherche, développement


Initiatives :
Par discipline, des artciles de veille avec propositions de jeux
retours d'expériences et analyse
La cité romaine, l'Oricou pour travailler l'estime de soi

Challenge : 
Concours de création de jeux vidéo : les enseignants sont formés et accompagnés dans la direction de projet, l'ingénierie et le développement.

Base : Base de données (pas encore ouvert)
Permet de capitaliser le travail des enseignants : jeux indexés, testés, avec retour de pratiques

Edugame Lab :
Réseau européen de recherche sur le jeu : comment évaluer un jeu (création d'un outil d'évaluation) etc ...
Edugame Studio
L'enseignant propose un projet de jeu et ils trouvent des partenaires et des financement pour développer

Julien Llanas constate une timidité des enseignants à partager leurs expériences sur le jeu, et la difficulté à impulser les usages du jeu en classe. J'ose rappeler cette expérience avec les élèves de seconde : L'école n'est pas équipée pour accueillir le matériel de jeu (les consoles) et les élèves trop habitués à recevoir (de la part des profs et des parents) une image négative du jeu vidéo pour faire confiance aux qualités pédagogiques de ce type d'activité.

J'ai été impressionnée par cette énergie et ces moyens donnés au jeu par l'académie de Créteil et ses partenaires, et j'espère que ce projet trouvera très bientôt l'ampleur nationale qu'il appelle de ses voeux.

samedi 27 août 2011

Twitter expliqué à ...

... À Roxane, par exemple, qui vient d'arriver sur Twitter et se demande comment ça marche. Ou à ma maman, ce matin, qui me posait aussi la question. Pour répondre, fastoche : Internet est plein de sites qui expliquent très clairement le principe de Twitter, par exemple :


On trouve aussi des lexiques Twitter comme celui de Presse-citron ou cet autre très court qui en vaut bien un autre, et même un article qui explique à quoi ça sert, Twitter, en vrai dans la vraie vie.
Mais voilà. Je l'aime bien, Roxane, et ma maman je l'adore, alors ces pages froides et sans émotion ne me satisfont pas vraiment, et puis j'ai envie de leur expliquer Twitter avec mes mots à moi, mes émotions à moi, toute ma subjectivité.
Mon Twitter, donc. 

Pour moi, Twitter, c'est ... des gens : un ensemble disparate (mais pas totalement) de gens que je suis et qui me suivent (ou pas), que j'ai choisis soit parce que je partage quelque chose avec eux (un lien dans la vraie vie ou un intérêt commun, du tricot à l'éducation). Parfois on papote et ça doit être pénible à suivre :
Moi : "Bonjour Twitterworld ! Grasse mat ce matin !"
Machin : @cjouneau "salut moi aussi grasse mat' mais là faut que je fasse à manger. Belle maman à midi"
Moi @machin : "Essaie le saumon magasine au barbecue trop bon"
et caetera et caetera. 
Parfois on partage :
Moi : "Encart de Libé, je tilte sur "la jeune fille n'est pas femme de ménage". Pq cette remarque ? Parce qu'elle est noire??? http://t.co/173Luop"


Machine @cjouneau " elle va pas être secrétaire à la défense non plus, en plus il parait que son père est un intégriste (muslim of course) ;-)"
et sur l'éducation, ça peut être vraiment intéressant. Parfois la conversation se poursuit ailleurs, pour avoir plus de place : sur Skype ou autre outil de clavardage ("chat"), par courriel, ça dépend un peu du nombre de gens et de leurs habitudes en matière de communication numérique. S'organisent parfois sur Twitter de véritables conversations collectives, comme le "#ClavEd". Dans ce cas, il suffit d'ajouter le code # suivi du mot-clef choisi collectivement (comme vous l'avez fait pour #crapweb2). En cliquant sur le mot clef, on accède à l'ensemble de la conversation (enfin dans un monde parfait parce que quand les tweets sont trop nombreux, tintin !). Ces conversations générales sont sympas mais 1- un peu difficiles à suivre (50 tweets à la minutes, c'est la limite maximale de ce que mes yeux peuvent suivre) et 2- pour les gens qui te suivent et ne sont pas intéressés par la conversation, c'est rien pénible.
Sur le même principe, lors des conférences, les auditeurs prennent des notes sur Twitter, notes qui se mélangent avec les réactions des "followers" (les gens qui suivent le mot-clef de la conférence sur Twitter). Ces conversations et ces conférences font parfois, trop peu souvent cependant, l'objet de compte-rendus qui sont la base d'une réflexion peut-être plus aboutie que ce que rendent possible les 140 caractères.

Et puis Twitter c'est aussi la "sérendipité". Parce que tu t'abonnes aux flux de gens qui ont un de leurs centres d'intérêt en commun avec toi, mais qui en ont des tas d'autres aussi que tu découvres, et qui connaissent d'autres personnes que tu rencontres toi aussi. Quand je dis "rencontre", je parle dans un premier temps de lecture numérique, puis de conversations, et puis souvent de rencontres réelles et très riches. Parfois ces rencontres sont organisées, ce sont les "Tweet up", Tweetaperos" ou quel que soit le nom qu'on leur donne. Je m'y suis souvent ennuyée. Parfois tu retrouves l'un ou l'autre de tes contacts dans un événement (@Karinesperanto aux Assises du Crap en octobre à Paris) ou tu décides d'organiser la rencontre, pour le plaisir d'une sortie découverte. Ces rencontres virtuelles et réelles t'offrent des opportunités très concrètes et enrichissantes : un échange entre deux classes, un travail en commun entre deux enseignants ou entre toi, enseignante, et un autre, peintre, architecte, paysagiste, avocat, ou que sais-je. Et parfois, c'est le hasard, une réelle amitié. Comme à la chorale ou dans une troupe de théâtre !

Last but not least : Twitter, c'est un regonfleur de moral. Sur Twitter, la sociabilité est un peu à l'américaine : nous formons une communauté soudée dans le monde virtuel (parfois ça se traduit dans le monde réel : des fleurs qui arrivent près d'un lit d'hôpital, quelqu'un qui vient te chercher là où tu es en panne de voiture, plus rarement on t'amène un café au lit faut pas trop en demander quand même), ça semble un peu artificiel : tout le monde s'extasie sur ton dernier billet de blog pourtant pas si terrible, tout le monde trouve géniale la dernière activité péda que tu partages, et te remonte le moral quand tu sors de cours complètement démoralisée. Et pourtant ça ne s'arrête pas là : après les compliments qui font vraiment carrément beaucoup de bien (je ne vais pas mentir ce serait pas beau !), viennent les remarques constructives qui te permettent d'avancer. Les coups de main, et jamais les coups de pied. La sociabilité américaine sans l'hypocrisie (ou alors avec une hypocrisie qu'on ne voit pas, ce qui revient au même). J'ai très vite quitté les forum qui, jusqu'à il y a quelques années étaient les chouchous du web, parce qu'on se fait tout le temps engueuler :

Moi : "Salut, je cherche des informations sur l'histoire de l'Afrique au Moyen-âge ! Quelqu'un ?"
Historien_en_folie : "Tin yenamar des glandu qui regarde pa ds les ancien topic ! On é pa à la FNAC ici !"

(Tu auras remarqué que l'orthographe de Twitter n'a rien à voir avec celle des forum. Il est très (très) mal vu d'écrire en langage SMS et quand tu fais des fautes d'orthographe, il y a même parfois des robots ( des "bots") pour te corriger).

Sur Twitter, à la question :
Comment récupérer un vieil IBM ThinkPad dt on a perdu le mdp supervisor ? CD dispo. urgent pr un gars de cette île perdue du Kenya. thks 
(oui, on peut tolérer les abréviations quand même mais pas trop)
On me répond :
Equinoxfr_org @cjouneau comme ça dangerousprototypes.com/2011/06/10/ibm… #diy
(et c'est pareil pour la plupart des sujets)

Je te passe les 140 caractères qui te permettent de savoir très très vite si c'est du lard ou du cochon, si le contenu est susceptible de t'intéresser ou pas.
Enfin, Twitter c'est parfois des jeux (la #photodevinette ou des jeux littéraires sympas), des rigolades, des flâneries (j'aime bien le compte @homophonies par exemple, mais il y en a sûrement d'autres).


Pour conclure, je ne crois pas que Twitter soit indispensable. On peut s'informer, avoir des collègues et des amis, faire des rencontres et se distraire autrement. Twitter ne convient sûrement pas à tout le monde : il faut accepter de "rater" des bouts de conversations et des informations qui passent, de ne pas être "connecté" en permanence, et faire son deuil de pouvoir tout lire et tout suivre. C'est comme quand tu es à côté d'un bavard intéressant : au bout d'un moment, il parle il parle et toi, tu zappes, tu n'écoutes plus, ton esprit vagabonde, et puis ton oreille capte un mot qui t'intéresse et ton attention se rebranche. Twitter, c'est un peu pareil pour moi. Mais je connais des gens qui ne supportent pas les bavards, même intéressants...
En somme, il en est de Twitter comme de tous les outils : on aime ou on n'aime pas s'en servir. C'est un peu comme pour écrire : d'aucuns préfèrent les stylos billes, d'autres les plumes. Certains DÉTESTENT les feutres. Pour s'informer, échanger, communiquer, j'aime Twitter, mais je comprends que d'autres détestent, ou préfèrent les blogues, les sites internet, les agréagteurs de flux ou le journal.



Je ne suis pas bien sûre d'avoir répondu à la commande de Roxane ni à celle de ma mère... mais j'espère leur avoir été utile. A elles ou à d'autres !



vendredi 26 août 2011

L'école des sorciers

Une nuit que mon esprit pourtant endormi travaillait à préparer ma présentation au colloque ICT and Informatics in a Globalized World of Education (celui dont j'ai parlé dans les deux billets précédents), j'ai enfin compris ce qui me gênait dans l'école d'aujourd'hui.


Imaginez que nous vivons dans le monde de Harry Potter. Nos enfants sont des sorciers, avec leur baguette magique, leur balai (de sorcier, bien entendu) et quelques pouvoirs surprenants qui leur permettent de changer leur écritoire en souris grise ou de faire léviter leur prof.


Notre école, c'est Poudlard (mais en mieux parce qu'on a fait des progrès en pédagogie depuis 1940, quand même). 
Mais voilà... Que diriez-vous si dans cette école de Poudlard étaient enseignés les programmes moldus, avec des profs moldus ? Autrement dit, des programmes et des enseignants qui méconnaîtraient, voire ignoreraient les compétences de ces enfants, ne les formeraient pas à un usage raisonné de leur baguette magique, ne leur inculqueraient pas les règles d'usage de la magie, ne leur apprendraient pas à se défendre contre les forces du mal ?
Ben voilà, je crois que si vous remplacez "baguette magique" par "smartphone" et "balai volant" par "ordinateur", vous voyez où je veux en venir ?

J'espère qu'à Ludovia, tous ensemble (profs, décideurs divers et vendeurs de matériels) nous trouverons des pistes pour améliorer notre Poudlard national avec des programmes magiques, des équipements magiques et une formation professionnelle qui permettent aux enseignants de ne pas être très vite métamorphosés en souris volante (wingardium leviosa) et muette (silentio) avec des oreilles agitées dans tous les sens (Foloreille). C'est urgent, certains d'entre nous ont déjà eu à subir le sortilège de deprimo...



vendredi 19 août 2011

Jouons aux lego pour apprendre comment fonctionne un ordinateur

Ben oui, moi aussi je croyais que c'était hyper sérieux cette conférence mais ... voilà une photo de l'atelier du matin.




Vous ne rêvez pas : des profs, un chercheur et je ne sais qui encore en train de jouer aux lego. La première épreuve a été remportée haut la main par Eric Sanchez qui a su faire un canard en moins de trois minutes. La dame qui a perdu (son canard ressemblait à un pont, mais à sa décharge elle n'avait jamais vu de canard) a gagné l'épreuve suivante : reconstituer au choix le transfert des données sur une clef usb, la numérisation des images, la défragmentation d'un disque dur ou ... zut j'ai oublié mais vous voyez un peu le genre. Un truc pour les profs de techno (mais IIGWE ça veut dire : Internet AND informatics, alors il faut un peu d'informatics) que la dame a brillamment réussi parce qu'elle savait visiblement beaucoup mieux comment fonctionne un memory stick qu'un canard...
On a aussi joué à être un microprocesseur et moi j'étais l'unité centrale, le chef quoi...
Bref on a bien rigolé et je me suis dit qu'on pouvais faire des trucs similaires en histoire ou en géo (construire un territoire en légo ? jouer à être la démocratie athénienne ?).
Je n'ai pas le temps de vous raconter la conclusion du colloque parce que :
1- j'ai pas tout écouté je twittais avec l'atelier web 2.0 des Rencontres du Crap et j'ai beau être multitâche, je suis pas non plus WonderWoman
2- Quand on est à Mombasa on passe pas sa soirée devant l'ordinateur
3- La prochaine fois vous soumettrez un papier et vous verrez par vous-même. C'est à Manchester en juillet 2012, c'est moins sexy mais ce sera très sympa aussi vous verrez !
Quand j'aurai le temps, je vous raconterai aussi l'atelier web 2.0 de Steve Wheeler, très marrant, on s'est balancé des boulettes de papiers, collé des post it partout, marrant comme tout.
Pour conclure, des gens très généreux et bosseurs, ces membres de la commission technique n°3 de l'IFIP !


jeudi 18 août 2011

Bibi à l'IFIP (plutôt que Caroline à la plage)

 Ces derniers jours, je participe à la conférence annuelle de l'IFIP titrée IIGWE, à Mombasa, Kenya. L'IFIP c'est pour International Federation for Information Processing (http://www.ifip.org/) et se présente comme une organisation multinationale, apolitique, concernée par les technologies de l'information et de la communication et des sciences, sous l'égide de l'Unesco. Ils organisent des conférences pour réfléchir sur le sujet en mêlant scientifiques, praticiens, décideurs. La conférence IIGWE (ICT and Informatics in a Globalized World of Education) est organisée par quelques groupes de travail du comité technique de l'éducation (TC3).



En arrivant, j'ai été un peu surprise de l'ampleur de la conférence : j'ai vu sur le programme des gens du monde entier, de Finlande, du Canada, des Pays-Bas, de Suisse, de Lituanie ou d'Ethiopie (et du Kenya, bien sûr). Et pourtant seulement une cinquantaine de participants dans une grande salle vide, presque tous des conférenciers, d'ailleurs. J'avoue que, partant du principe que plus on est de fous plus on rit et plus on est de cerveaux mieux on réfléchit, j'ai été un peu déçue. Et puis les interventions ont commencé et j'ai compris : on n'est pas ici pour rigoler (bien que, on peut pas s'empêcher) et vous savez quoi : on bosse dur ! On enchaîne conférences et ateliers, communications et panels et chacun parle, pose des questions, suggère… une sorte de barcamp en quelques sorte, un barcamp de conseillers des systèmes éducatifs, de profs, de chefs d'établissement, mais sans les post-it de Mario Asselin et sans les bruits de vaisselles du bar du casino de Ludovia.

On parle donc ici d'intégration des TIC dans l'éducation, et en premier lieu du contexte : le rôle des jeunes dans la révolution des médias sociaux et son impact sur le développement de la démocratie en Afrique de l'Est (Alaaz Kasam), la puissance des médias sociaux pour l'éducation (Steve Wheeler), la perception des technologies par les étudiants d'une école de Mombasa (Enos Kiforo Ang'ondi). Ma communication : Web 2.0 is Challenging School qui fait un peu la transition avec le deuxième type d'interventions, plutôt axée sur les moyens d'intégrer les TIC dans l'école. J'ai adoré cette présentation du lycée Helen Parkhurst Dalton School aux Pays Bas par son directeur Pieter Hogenbierk. Son école est partie de cinq piliers qui la soutiennent :
- confiance dans les "apprenants" (mon copain Jacques va me tuer, alors disons "élèves")
- responsabilité et "accountability"
- apprentissage collaboratif
- accent porté sur les compétences
- auto analyse et feed-back

et a ensuite développé tout le reste (enseignement, emplois du temps, outils etc…) de façon à développer ces piliers. Autrement dit : une école qui repose sur un projet pédagogique, comme l'est le collège Clisthène, le lycée expérimental, l'école du futur de Philadelphie.
Le résultat : des élèves autonomes pour des cours de 70 minutes pour (selon les cas) permettre une pédagogie de projet ou pour inciter les enseignants à varier leurs approches pédagogiques (ou les deux !), une semaine par trimestre pour un projet au long cours centré sur la citoyenneté active et impliquée, et du coup un usage des technologies assez important. L'école s'évalue ou se fait évaluer régulièrement suivant une grille plutôt intéressante.
OK, d'accord, ils sont super bien équipés. Je vous dis pas, vous allez être malades. Simplement un indice : les salles informatiques, c'est fini. FI-NI. Equipements mobiles.

J'ai entendu aussi Betsy Dokter présenter un projet des archives d'Amsterdam qui accueille des jeunes pendant une semaine (toujours cette semaine d'éducation à une citoyenneté active qui semble être de règle aux Pays Bas) pour rencontrer des personnes âgées et augmenter la section "historique" du site Fotorally.eu grâce aux photos des pensionnaires et aux compétences technos des jeunes. La poster session m'a aussi permis de rencontrer des enseignants d'Afrique de l'Est qui utilisent les technologies de manière très réfléchie dans des conditions d'enseignement parfois extrêmes. Ceci dit j'ai l'impression que les écoles sont plutôt bien équipées en ordo, même dans la campagne… (voir l'album photo, confirmé par les témoignages ici). Manque juste l'électricité parfois ! 
Eric Sanchez (oui oui, @australopitek) a présenté son travail de recherche sur les jeux dans les apprentissages qui a suscité un certain engouement tant pour la méthodologie de recherche (oui oui il construit sa recherche avec les profs, pas tout seul dans son coin et non non, il ne compare pas deux "populations" d'élèves, l'une AVEC, l'autre SANS (TIC, jeux ou que sais-je) que pour l'idée de permettre aux profs de développer leurs propres jeux.

Enfin, la dernière (mais non la moindre) partie du travail concerne plutôt la gouvernance : comment (et pourquoi) développer la coopération internationale en éducation ? Comment former les enseignants à distance ? Quelle formation pour les décideurs en éducation, technologie, innovation ? Quels programmes pour l'école ? Quelles compétences développer pour une éducation adaptée aux prochaines dizaines d'années ?
Cette conférence est accueillie dans la superbe Aga Khan Academy of Mombasa mais, bien sûr, nous avons visité une série d'autres écoles qui nous ont fait découvrir d'autres réalités, j'en parlerai plus tard…

PS J'ai des difficultés à me connecter : on travaille tout le temps, sans wifi (la connexion est filaire). Je mettrai donc tous les liens vers les conférences, les présentations etc… quand j'aurai le temps de les chercher, si ça ne vous dérange pas...

Ecoles de Mombasa

Afin de nous donner une idée un peu plus réaliste des conditions d'enseignement au Kenya (je veux dire : pour qu'on n'imagine pas que tous les élèves kenyan apprennent dans le marbre et la climatisation), les organisateurs locaux du colloque ont organisé quatre visites d'écoles.
Nous avons commencé par celle qui nous accueille : une école fondée par Aga Khan, dirigée sous le contrôle de sa fondation par Rob, un directeur australien, pour accueillir des enfants du primaire à la préparation à l'université, jusqu'à la formation des enseignants. 20% des élèves sont très pauvres et voient leurs études financées par Aga Khan, et bien évidemment ils sont choisis au mérite. Les enseignants sont Kenyans mais aussi américains, néo zélandais, etc… et triés sur le volet. Des conditions de travail idéales, depuis les salles de cours, la bibliothèque, les labos d'informatiques, une piscine, une salle de sport à faire baver mes anciens collègues de Raismes…


La Mviti boys school (un collège-lycée) est plus modeste : dans un quartier pauvre, des locaux propres (mais pas préparés pour notre arrivée). J'ai apprécié le "moto" de l'école (la devise) sur la façade et les règles et objectifs de l'enseignement affichées sur le mur. Encore une pensée pour Jacques et mes collègues de SVT et de physique du lycée lorsque j'ai visité le labo de sciences et sa "réserve". Les gars - les filles, interdiction de râler à partir de maintenant… ou alors argumentez ! ;-) Un labo d'informatique tout neuf avec un technicien pour s'en occuper (là, on peut pleurer, collègues du lycée).






Plus loin, l'école primaire publique Marycliff borde un bidonville. Bien qu'en vacances, quelques filles ont enfilé leur uniforme pour nous accueillir et nous faire visiter fièrement leur école primaire. Leurs salles préférées : le labo d'informatique avec ses 4 ordinateurs éteints parce l'école ne peut pas payer sa note d'électricité, et la bibliothèque financée par des néerlandais. Ces jeunes filles ont une vie difficile mais beaucoup d'ambition, c'est sûrement ce qui les sauvera. Ici, pas de surpopulation : les écoles privées alentours (surtout religieuses de toutes sortes) on capté les trois quarts des élèves…






Pour finir, une école de village, 2200 élèves, 46 enseignants, plus de 50 élèves par classe. Des classes assez rudimentaires, mais l'aide de partenaires publics et privés leur a permis d'avoir une salle informatique mieux équipée que certaines salles info que je connais. Une partie des élèves dort sur place, 26 filles dans la chambre que j'ai visitée, sur des matelas posés par terre, un tableau pour réviser et hop ! ça rigole.
J'ajoute que TOUS ces élèves parlent un anglais parfait (j'avais honte du mien) et suivent les cours en anglais sauf un en Swahili.





Conclusion : des salles de classe pourries et surchargées, mais des élèves et des enseignants hyper motivés (ceux que j'ai rencontrés, pendant les vacances scolaires tout de même) et un équipement informatique (et seulement informatique) pas négligeable finalement. Une enseignante rwandaise me disait que de nombreuses écoles au Rwanda sont équipées de postes informatiques… et un enseignant de l'Est kenyan opinait pour son pays. A confirmer !


vendredi 24 juin 2011

Le e-learning et moi et moi et ... nous !

Ces deux derniers jours je me suis félicitée une fois de plus d'avoir muté (c'est le mot éducation nationale pour "émigrer") dans l'académie de Lyon. J'ai pu, au prix d'une demi-heure de train et 15 mn de métro + tram, assister aux Journées du E-learning et ça, c'était bon.

 
Le e-learning, concrètement, pour moi, c'est Pairform@nce : la plateforme de formation à distance de l'éduc nat, à laquelle j'ai un peu participé et que j'ai testée, aussi. Bon, je l'ai testée en présentiel, ce qui réduit largement le côté "à distance" de la formation.
Théoriquement, le e-learning c'est aussi la découverte d'outils (Moodle et Sloodle notamment, oui oui, en lien avec Second Life) qui ne m'ont jamais paru très motivants, et de parcours de formation qui ressemblaient de très (trop) près à des cours magistraux à lire tout seul dans son coin... Tellement que je n'ai jamais eu envie d'aller plus loin.
Et puis il y a eu e.l@b et notre ambition commune de nous former. Il me faut donc réfléchir à la façon de proposer des formations en ligne qui soient motivantes et valides. Me voilà donc inscrite aux journées du e-learning organisées à Lyon III. Et j'en ai retiré quelques idées à creuser.

Une conviction : 
La formation professionnelle doit se faire de façon mixte (Jean-Paul Moiraud a parlé de "blended learning" dans son atelier sur les mondes virtuels, et l'a écrit sur son blog). Autrement dit en partie en autonomie et à distance, en partie en présentiel avec l'aide d'un formateur / tuteur. Présentiel pourrait vouloir dire présence synchrone (par des outils d'audio ou visio-conférence, ou dans un monde virtuel).
Du coup, et ce n'est pas vraiment nouveau mais ça vaut la peine d'être répété, il me semble important d'intégrer à la formation des activités qui créent une communauté d'apprentissage qui permette de co-apprendre durant le temps de la formation et au-delà. Des outils ? François Bocquet et François Duport proposent une plateforme elgg dans leur formation au C2i2e, avec des activités basées sur un tutorat des plus expérimentés auprès de ceux qui le sont moins, ceux-là devenant les tuteurs de la promotion suivante.

Une perspective : 

Donnée par Thierry Spriet du projet COMES. La plateforme COMES a pour but de faire coopérer des formateur dans la conception de parcours de formation. Placées sous licence Creative Commons "contaminantes", ces formations peuvent être utilisées, dupliquées et modifiées tout ou partie par les formateurs qui les utilisent. Les parcours ainsi recomposés, modifiés, créés sont automatiquement partagés avec le reste de la communauté qui peut à son tour s'en emparer. Un "comité de lecture" définit la ligne des formations à construire et valide certains parcours, ce qui leur donne un label officiel. Au-delà de l'idée de co-construire des parcours et de les améliorer de manière collaborative, je me prends à rêver que l'éducation nationale intègre ce système à Pairform@nce...


Scenarii (ou scenarios, ça dépend de votre religion)

J'ai (enfin) découvert des idées de scenarisation intéressantes dans les formations à distance.
- apprendre en faisant : L'idée de base de la formation Formavia au C2i2e est qu'en faisant on apprend, c'est donc en travaillant les outils numériques pour apprendre, bâtir son portfolio, se mettre en réseau, travailler de manière collaborative, s'informer etc... qu'on apprend à se bâtir une identité numérique apprenante et qu'on peut ensuite y former. Intégrer ces activités à la formation permet d'apprendre à manipuler les outils, à adopter les attitudes et les comportements, à mobiliser ses compétences en matière de numérique et de travail collaboratif. La formation doit ensuite amener à prendre du recul sur ces compétences acquises et mobilisées, pour pouvoir ensuite les mettre en œuvre avec des apprenants (c'est pas un joli mot, "apprenant").
- Utiliser les mondes virtuels pour les séquences de formation en synchrone (voir plus haut) ou pour les échanges avec un conférencier (Voir ce cours de la faculté de Droit virtuelle), ou entre pairs.
- ...

Bon là j'ai mal au dos donc je vais renoncer à l'exhaustivité, et me dire que ce billet est ma façon de penser à voix haute. Mais n'hésitez pas à m'aider à terminer ! Pour vérifier que je n'ai pas compris de travers, et pour assister aux conférences en vidéo, c'est bientôt en ligne sur le site http://www.journees-elearning.com

mardi 14 juin 2011

Un rallye pour découvrir Twitter

Un rallye à utiliser tel que pour faire découvrir le potentiel et le fonctionnement de Twitter, ou à intégrer dans une formation aux réseaux sociaux. Il a été conçu grâce à quelques Twitterfriends (voir sur la fiche), et peut sûrement encore être amélioré, alors n'hésitez pas ! Une version pour élèves de Terminale est téléchargeable ici
Rallye Twitter

mardi 31 mai 2011

La Renaissance avec Assassin's Creed II et III

J'ai gagné une XBox 360 par la communauté européenne il y a 2 ans dans l'objectif affiché de me faire jouer en classe. Elle était accompagnée de deux jeux (enfin non : 4, deux de chaque) : Shrek le troisième et Bee Movie le jeu. J'étais à l'époque enseignante en collège et j'ai joué aux deux jeux à fond à fond à fond (jusqu'au sommeil agité de la gameuse qui continue à défoncer ses adversaires à coup de tonneaux et de pets mortels). Et je n'ai jamais trouvé ce que je pouvais en faire dans mes cours d'histoire et de géographie, ni même d'éducation civique.

Cette année en lycée, des élèves de seconde m'ont prêté Assassin's Creed II pour préparer un cours sur la Renaissance. Comme l'expérience de Shrek m'avait suffi, j'ai proposé à ces élèves de préparer cette séquence avec eux. Je vais ici vous la présenter, et en faire le bilan puisque nous l'avons mise en place cette semaine.
J'ajoute qu'avec ma proviseure nous avons concocté une lettre aux parents qui a été signée par tous.



Séquence telle qu'annoncée aux élèves et telle que réalisée :  

1- Le cours sur la Renaissance et l'Humanisme qui permet de dégager les grandes lignes de définition de ces deux notions.
2- Une analyse du tableau "l'école d'Athènes" sur le thème "en quoi ce tableau est-il caractéristique de la Renaissance, histoire (avouée en présentant la séquence) de s'exercer à confronter un document historique à la définition de la notion.
3- La séance de jeu, une heure présentée comme suit (avec trois consoles prévues, branchées sur télés et vidéo proj) :
  • objectif : les jeux vidéo utilisent souvent un cadre historique présenté comme réaliste et très documenté. Dans quelle mesure la réalité historique est-elle prise en compte dans un jeu vidéo ? Pour ce faire, nous allons jouer au jeu Assassin's Creed en transformant le scenario du jeu qui, à la base, repose sur l'assassinat (donc on va éviter !). 
  • scenario et missions : 
  • Scenario ACII III
  • A la fin de la séance, prendre 30 minutes pour : 
    • discuter des éléments que nous avons trouvés dans le jeu
    • comparer avec des documents historiques





















Et encore la visite virtuelle de la chapelle Sixtine

    • Analyser ce qui est solidement documenté (le décor, les informations biographiques, les documents) et ce qui relève de la fiction (les relations entre les personnages, le scenario, le "gameplay")
Bon, j'avoue que j'étais assez contente de moi et j'étais contente de mettre en œuvre ce travail réalisé avec mes deux élèves. 
Mais bon.

La mise en oeuvre

"Ouais moi je viens pas c'est nul" (Roselyne, je change les prénoms pour pas qu'on les reconnaisse et j'en profite pour me venger)

"Ah ben j'ai oublié de ramener la X-box... et les jeux, aussi". Séance avec une seule console pour trente élèves, donc. Merci Sébastien ! (oui bon lui je suis sympa avec lui il a quand même préparé la séance)

Me voilà donc à installer, en remplacement de deux X-box, mon ordi avec :
- une vidéo du début du jeu sur Youtube pour la mission 1

- la visite virtuelle de la chapelle Sixtine pour la mission 3

Mais voilà... les garçons jouent, c'est chouette, c'est ce qu'on leur demande ; deux filles suivent les deux écrans et remplissent leur fiche, et les autres... dorment, papotent et finalement se révoltent que "c'est nul on fout rien" (dixit Gertrude).
Alors, comprenant bien qu'un travail scolaire leur conviendrait mieux, je leur demande de me trouver dans la reconstitution 3D de la chapelle sixtine la scène où Dieu crée l'homme, de me la décrire et de me l'analyser, suivant la fiche méthode distribuée et testée le matin même. Héhé. Ben non plus.

La mise en commun faite dans un brouhaha insupportable, montrant un intérêt tout à fait limité pour la séance.
Comme quoi je ne faisais pas du tout appel aux jeu vidéo pour leur faire plaisir, mais ça ne leur a pas fait plaisir non plus ;-)

Comment j'analyse ce mauvais accueil ?

Au delà de : "c'est la fin de l'année", "un rattrapage de cours", "ceux qui ont été pénibles le sont aussi d'habitude". 
  • C'est un jeu. Et dans l'école traditionnelle à laquelle ces élèves sont habitués, un jeu ça ne vaut rien. J'ai beau leur dire que ça vaut autant qu'un film de fiction à base historique, ça vaut rien de rien. 
  • Le jeu vidéo demande quand même un certain savoir-faire autrement dit : la manette est aux mains de ceux qui savent. Il faudrait ajouter dans le scenario la nécessité de collaborer avec le groupe pour que ceux qui n'ont pas la manette jouent aussi. 
  • Les questions matérielles s'anticipent encore plus que d'habitude : une console ne se connecte pas au vidéo projecteur comme un ordi. Les élèves savent le brancher (parce que moi, euh...) mais comme c'est différent de chez eux, ils tâtonnent. Et merci Florian et les autres qui ont tout tenté ... et réussi. 
Sûrement d'autres choses encore mais je n'ai plus de batterie et j'ai laissé mon alimentation au lycée.

jeudi 19 mai 2011

Un (autre) bonheur de prof : l'esprit critique en action

Un bonheur de prof sans techno (si si c'est possible !)
ECJS en seconde. Sujet choisi par mes secondes : les sans-papier. 
Aujourd'hui c'est jour d'exposé, en préparation du débat. Les groupes sont plus ou moins prêts mais passent, quand même. Julie est en train de présenter les problèmes posés par les sans-papier à la société française quand Boris, membre du groupe, interrompt sa camarade :

- "Dis-donc Julie, qui a écrit ça ?"
Julie le regarde, les yeux ronds, et ne sait pas. Peut-être Karine, qui est absente aujourd'hui ? Pourquoi ?
- "Tu entends ce que tu lis ? C'est .... tu peux pas dire des trucs pareils" dit-il le plus gentiment possible.
Emilie, depuis la salle, intervient :
- "C'est carrément raciste"
- "C'est des propos d'extrême-droite ! Qui a écrit ça ?"

L'exposé s'arrête. J'interviens d'abord pour mettre en évidence les règles du travail en équipe :
  • se préparer à l'absence impromptue de l'un ou de l'autre, en choisissant des outils de partage ou en échangeant les notes régulièrement. 
  • relire et écouter de manière à la fois bienveillante, mais aussi critique et constructive le travail des autres membres du groupe, c'est-à-dire accepter collectivement la responsabilité du travail du groupe
  • Et ne pas se taire lorsqu'on n'est pas d'accord : s'exprimer,  au risque de se tromper. Si la règle n°2 est respectée, on ne peut qu'en tirer bénéfice.
Après le rappel de ces quelques règles que je prendrai la précaution de rappeler en début d'année prochaine à TOUTES mes classes,  nous démontons ensemble les arguments d'extrême droite.
Je suis fière de ces élèves. 

mardi 17 mai 2011

Prise de notes

J'ai une classe de seconde sympa mais pas très bosseuse. Avec dedans un élève (appelons-le Benjamin) sympa mais pas très bosseur. Et encore moins en éducation civique.
Aujourd'hui, présentations orales sur le nucléaire pour préparer un débat. Ceux qui ne passent pas au tableau prennent des notes. Certains ont préparé un travail écrit sur openoffice, d'autres ont utilisé Etherpad, d'autres ont créé un petit diaporama.
Mais pour la prise de notes, c'est un papier qui reste presque toujours vierge, et un crayon qui reste suspendu au-dessus dudit papier.
Sauf Benjamin. Benjamin, je l'entraperçois entre les ordinateurs qui joue ostensiblement sur son ipod. Je m'approche pour le surprendre (j'aime bien le voir sursauter) et ...
Et je repars aussitôt pour aller chercher le mien, de smartphone, dans mon sac, afin de prendre une photo de ce petit miracle :

Oui oui oui vous pouvez zoomer : Benjamin prend des notes !
Il interrompt les exposés pour faire répéter (pendant mes cours, d'habitude, il papote), il demande des éclaircissements, bref, il prend des notes.
Me demandez pas si c'est le sujet qui l'intéresse ou la prouesse d'ordre olympique de prendre des notes sur l'ipod.